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Deuxième vie (2009)

Raymond Depardon dit qu’un photographe n’existe pas s’il n’a pas d’obsession. J’ai beaucoup d’obsessions. Il y a l’obsession de la photo ratée ou manquée qui peut aller jusqu’à rendre insomniaque, il y a l’obsession technique où comment composer son image, et il y a l’obsession du sujet. Celui-ci me pousse à prendre mon appareil pour aller me perdre dans des endroits sombre, dégradé, déserté.


Parce que cette obsession est en mois depuis toujours. C’est un fait. Qu’il s’agisse d’un lieux ou d’un objet, cet état d’abandon m’attire.

Je le photographie car j'ai besoin de marquer sa position dans le présent. Ma propre position aussi certainement. J'ai un complexe face au présent. Je suis très nostalgique, je revis régulièrement les bons ou mauvais moments du passé. Je peux pourtant me projeter dans le futur, l’imaginer. Mais pour le présent, je pense que la photographie m’aide à m’y intégrer.

 

Cela explique peut-être également le besoin que j’éprouve de raconter une histoire dans chacune de mes photos.Qu’elle soit heureuse ou sombre, j’aime quand la photo inspire l’imagination. Je crois que je travaille toujours avec cette idée derrièrela tête. Raconter. Lorsque nous regardons une photo, notre réaction est émotionnelle. Je fais une prise de vue et ce qui me traverse l’esprit, c’est l’envie de transmettre cette émotion, de la conserver pour moi, pour celui qui la regarde, de la communiquer.

 

Les clichés réunis ici présentent l’histoire de ces endroits ou de ces objets abandonnés. Devenus lieux à grapheur, à joueur de paint-ball, abris de sans abirs, ils ont parfois trouvé une nouvelle existence. La photo révèle le nouveau sens, l'usure, la matière, leur deuxième vie.