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 Cuba (2011)

 Cette exposition est née de deux passions. Le voyage et la photographie. La première nourrit mon appétit de découvrir le monde, de faire des rencontres. La deuxième répond simplement au besoin de partager. L’île a été extraordinaire sur ces deux points. Elle m’a offert de somptueux paysages et des portraits éblouissants.

 

Ces quelques lignes auraient pu être un moyen de justifier mon travail mais il n’en est rien. En cinq ans d’expériences, je me suis très régulièrement demandé pourquoi je photographiais. J’ai lu quelques livres de grands noms de la photographie qui m’ont aidé à étudier ma photo. J’ai réussi à l’analyser, à la comprendre. Enfin, il me semble. Mais Cuba est une expérience différente. Il m’est impossible encore aujourd’hui de comprendre la manière dont j’ai photographiquement abordé cette île. Ces questions auxquelles je suis confronté restent encore sans réponses. Habituellement "contemplative", je ne sais pas pourquoi ma photo est devenue soudainement plus humaine. Etait-ce une manière de me rapprocher des Cubains ? Là où les routes ressemblent à des décors de vieux films américains et les campagnes à des villages d’après-guerre, avoir choisi ce presque sépia comme couleur dominante pour représenter ce pays est-il un moyen d’accentuer cette impression marquante qu’il m’a laissé ?

S’il m’est finalement égal que ces questions restent sans réponses, il y en a une qui m’obsède profondément. Photographier ces gens, était-ce être voyeur, ou simplement témoin ?

 

Au moment où j’écris ces lignes, je tombe sur un article sur le photographe espagnol Luis Baylon dans le magazine « de l’air ». L’auteur le décrit comme un photographe sincère qui, en photographiant ceux qui souffrent, nous délivre plus qu’une image. Il nous met dans la réalité de la rue. L’auteur écrit « il ne s’agit pas d’humanisme mais de tendresse ».

 

Cela me rassure.

 

Paris, août 2011